Le Castellet

André Laurent décoré de l'ordre du Mérite

Samedi 19 mai 2018 - 16 heures : les barnums avaient été installés en prévision d'un beau soleil printannier à l'occasion de la remise de la décoration de chevalier dans l'ordre national du Mérite à notre doyen André Laurent. Mais le soleil s'est caché et des trombes d'eau ont obligé un repli stratégique dans la salle polyvalente pour cette cérémonie. Heureusement le soleil était à l'intérieur des cœurs…

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La salle polyvalente du Castellet était bondée lorsque la cérémonie s'est ouverte.

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Le maire Henri Garcia a tenu à rappeler la place qu'a tenue André Laurent dans notre village et ce qu'on lui doit aujourd'hui.

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M. Bernard Simon est ensuite intervenu pour expliquer ce qu'est l'ordre national du Mérite.

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Puis Mme Chantal Nervi a fait une petite introduction émouvante pour présenter le nouvel impétrant…

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… avant de lui épingler la croix bleue à six branches au revers du veston.

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Au comble de l'émotion André Laurent a réussi à prendre la parole pour mettre essentiellement à l'honneur son épouse et sa famille.

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L'auditoire a pu ainsi découvrir les liens solides de la famille Laurent ainsi que ses multiples amitiés dans le "ciment" du village.

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Olivier a brossé ensuite le portrait professionnel de son père et ses nombreuses réussites en architecture…

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… avant que les quatre petits-enfants, Maxime et Guillaume pour les garçons, Marine et Chloé pour les filles, ne rendent
un hommage appuyé à ce grand-père adoré.

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À côté du drapeau, la photo-souvenir a marqué la fin de la cérémonie, juste après que l'assemblée eut chanté La Marseillaise.

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Fin de cérémonie, mais pas de soirée : les participants ont eu le temps de découvrir une petite exposition consacrée à André Laurent…

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… avec tous les livres qu'il a écrits sur sa Haute-Provence et sur l'architecture…

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… un résumé illustré des très nombreuses activités de sa vie…

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… et les relevés des prestigieux bâtiments qu'il a effectués pour son maître, Fernand Pouillon.

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Et comme André sait recevoir ses amis, il n'avait pas oublié de leur offrir un opulent et plantureux buffet apéritif pour terminer.

Tous les discours des différents intervenants

Henri Garcia, maire du Castellet
Mesdames, messieurs,
Il est, parfois, dans la fonction de maire des moments pas très agréables pour ne pas dire, même très désagréables, et puis, il est aussi, des moments qui, comme celui d'aujourd'hui, me remplissent de joie. Aujourd'hui, samedi 19 mai 2018, nous allons assister à la remise de la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite à notre ami André Laurent.
Madame Chantal Nervi, chevalier dans l'ordre national du Mérite, chevalier dans l'ordre de la Légion d’honneur,
Mesdames et Messieurs les conseillers départementaux,
Messieurs les maires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,
Je suis très heureux de vous accueillir dans notre commune du Castellet et de vous souhaiter à tous et toutes, la bienvenue.
Je le dis souvent, un village n'est pas seulement fait de pierres, de rues et de places, il est fait surtout d'hommes et de femmes qui, ensemble, concourent au bien de leur commune dans le respect des valeurs de notre République.
Tu as eu cette année, mon cher André, 90 ans et tu es devenu le doyen de notre commune. Il te faut maintenant des tonnes d'énergie et de volonté pour venir, à petits pas, à l'aide de ta canne, doucement mais sûrement, de chez toi, rue de la Patouille, jusqu'à la mairie. Mais cette énergie, cette volonté, tu les as toujours eues : celui ou celle qui en douterait n'a qu'à lire les panneaux affichés sur les murs de la salle des fêtes.
Il faut dire que l'époque où tu as vécu ta jeunesse n'était pas une époque facile. Nos collégiens, maintenant, vont à Oraison avec un bus, un bus chauffé l'hiver et climatisé l'été. À ton époque, dans les années 40, il fallait y aller à vélo à la force des mollets, par tous les temps. C'est peut-être ce qui a fait de toi le jeune homme sportif, champion départemental de cyclisme de vitesse des Basses-Alpes. C'est peut-être aussi cette volonté, cette énergie, qui ont fait de toi le jeune homme acharné aux études pour décrocher le certificat d’études primaires, les CAP, les diplômes d'Urbanisme, ton doctorat.
En dehors de cette énergie, de cette volonté, ce qui te caractérise, je pense, c'est peut-être aussi le goût d'apprendre, de connaître, le goût de collecter les renseignements, les anecdotes qui ont émaillé ta vie, ta longue vie, et qui font qu'aujourd'hui tu es devenu la mémoire de notre village. Ces témoignages tu les as mis par écrit pour notre plus grand plaisir et notre bibliothèque municipale, je dis municipale même si je sais qu'elle fait partie de notre intercommunalité la DLVA, et notre bibliothèque municipale contient nombre de tes livres : Les Portes d'antan du Castellet, l’Église paroissiale et la Chapelle du Prieuré de Saint-Pierre du Castellet, Fontaines et Lavoirs du Val de Rancure, Parcours au fil du temps… tous ces livres qui ont fait la joie et le bonheur des habitants de notre vallée de Rancure. Et je sais que la liste n'est pas close puisque tu travailles à d'autres livres…
Tu n'as pas craint, aussi, de t'investir au sein de la municipalité : tu as fait pas moins de six mandats et il a fallu que je remonte dans les archives jusqu'en 1965 pour trouver ta première élection ; j’ai bien cru, d'ailleurs, que j'allais remonter jusqu'avant ma naissance.
Ce qui me plaît, en te rencontrant André, dans mon bureau, ou au coin d'une rue du village, c'est qu'à travers toi, je revois tous ces gens qui ont fait notre village : René Barras ton camarade de classe avec qui tu as fait les 400 coups (peut-être que ça mériterait un petit livre ça et qui nous ferait sûrement sourire), Clément Giraud, Gaston, Raoul, ta maman qui arrêtait le feu, Madame Féraud, Charles Armelin… Je l'ai dit au début de mon propos : un village c'est avant tout, des hommes et des femmes.
MERCI, merci André, pour ce que tu nous as donné ; merci pour TOUT ce que tu nous as donné ; merci aussi pour ce que tu vas encore nous donner. Si cette médaille que tu vas recevoir des mains de Madame Chantal Nervi t'honore, j'ai la faiblesse de croire, si tu le permets, j'ai la faiblesse de croire qu'elle honore aussi tout le Castellet, qu'elle honore aussi tout le Val de Rancure.

Bernard Simon, délégué de l'ordre national du Mérite
L’ordre National du Mérite est une Institution républicaine née au cœur du XXe siècle, il est le second ordre national après la Légion d’honneur.
Il a pour vocation de récompenser les « mérites distingués » et d’encourager les forces vives du pays.
L’histoire de l’ordre national du Mérite
La création de l’ordre national du Mérite résulte d’une large réforme du système des décorations engagée en 1958 par le grand chancelier de l’époque, le général Catroux, , dans une France en pleine modernisation.
Déjà fondateur de l’ordre de la Libération pendant la seconde guerre mondiale, le général de Gaulle s’est impliqué tout particulièrement dans la création de ce nouvel ordre et lui assigne quatre objectifs :
Consolider l’unité nationale, cinq ans après la fondation de la Vème République
Revaloriser la Légion d’honneur
qui souffrait d’une inflation du nombre des décorés à la suite des grands conflits du XXe siècle.
Harmoniser et simplifier les distinctions honorifiques.
Hiérarchiser l’échelle des mérites avec une nouvelle distinction, complémentaire, réservée aux mérites réels reconnus plus tôt.
Dès les premières promotions, des mérites très éclectiques et des carrières précoces ont été salués, illustrant une philosophie d’attribution jamais démentie à ce jour
6000 personnes ont été nommées ou promues depuis la création de l’ordre en 1963.
Organisation de l’ordre et procédure d’attribution :
L’ordre national du Mérite est doté d’un conseil de l’ordre spécifique présidé par le grand chancelier de la Légion d’honneur, chancelier de l'ordre national du Mérite, sous l’autorité du grand maître, le Président de la République.
Une triple vocation
:
Traduire le dynamisme de la société
.
Fédérer toutes les volontés , récompenser l’innovation et la participation au Rayonnement de la France.
Donner valeur d’exemple.
L’ordre est conçu comme une forme d’émulation pour que chacun donne le meilleur de lui-même
Reconnaître la diversité.
L’ordre du Mérite incarne enfin la diversité de la société française fondée sur la parité, ses cultures, ses origines sociales, les nouveaux secteurs économiques .
L’ordre national du Mérite garantit une véritable égalité d’accès, afin que tout citoyen méritant, quelle que soit sa place dans la société, puisse être reconnu par la nation.
Les critères d’attribution :
Pouvoir justifier d’une activité de 10 ans minimum
L’accession à un grade supérieur se fait par la preuve de nouveaux mérites.
L’ordre national du Mérite en chiffres en 2017
187000 membres, 306000 nominations depuis la création, 4600 personnes sont nommées chaque année, l’âge d’entrée moyen est de 54 ans,
L’ordre compte 3 grades : chevalier, officier, commandeur et 2 dignités : grand officier, grand’ croix.
Les promotions annuelles :
Deux promotions civiles : 15 mai et 15 novembre.
Deux promotions à titre militaire : 1er mai, 1er novembre.
Il faut ajouter que les décorés dans l’ordre National du Mérite se retrouvent dans la mesure de leur volonté au sein de l’Association Nationale des Membres de l’Ordre National du Mérite dans la quelle les valeurs de l’Ordre sont diffusées et magnifiées.

Chantal Nervi, chevalier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre national du Mérite
M. Henri Garcia, maire du Castellet
M. Daniel Blanc, maire d'Entrevennes
M. Pierre Bonnafoux, maire de Puimichel
M. Bernard Simon, président de la section des Alpes de Haute-Provence de l'ordre national du Mérite
Madame, Messieurs les compagnons de la section de l'ANMONM,
Messieurs les présidents et membres des associations constituées,
Monsieur le porte-drapeau
Monsieur André Laurent,
Mesdames, Messieurs, chers amis,
Nous sommes réunis pour honorer monsieur André Laurent né le 29 janvier1928 au Castellet ;
aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres et si chacun d'entre nous est ici, cet après-midi pour témoigner son amitié, son admiration, sa reconnaissance, nous sommes avant tout réunis autour d'un homme, dont la simplicité et l'humanisme n'ont d'égal que la valeur d'une vie au service du patrimoine architectural.
Cette reconnaissance de la nation, vient récompenser des services distingués, que tu as rendus en premier lieu, par ton activité professionnelle d'architecte et d'urbaniste. À cet égard, tu as commis un ouvrage sur les édifices religieux du val de Rancure ; en second lieu par ton activité associative et plus encore par tes services militaires puisque tu es ancien résistant. À l'âge de 90 ans, tu as écrit un nouvel ouvrage intitulé : « la Résistance sur les plaines entre Asse, Bléone et Durance ».
Cette reconnaissance de la nation te désigne comme modèle de civisme pour nos concitoyens mais constitue également une incitation à poursuivre ton engagement.
Je remercie M. Bernard Guérin, préfet des AHP, qui a adressé le mémoire de proposition le 6 avril 2016, au ministère de la culture, appuyé par M. Christophe Castaner, le 28 février 2017, approuvé par Francoise Nyssem, ministre de la culture, le 27 novembre 2017.
Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je suis heureuse et fière de te remettre l'insigne du chevalier de l'ordre national du Mérite.
Au nom de tous nos concitoyens et de tes proches, je te présente toutes mes plus vives félicitations.

André Laurent
Monsieur Bernard GUERIN, Préfet des Alpes de Hautes Provence,
Monsieur Serge SARDELLA, Conseiller Départemental, Canton d’Oraison,
Monsieur Henri GARCIA, Maire du Castellet
Monsieur Daniel BLANC, Maire d’Entrevennes
Monsieur Pierre BONNAFOUX, Maire de Puymichel
Messieurs les présidents et membres des Associations constituées,
Madame Chantal NERVI, à qui je dois cette distinction et que je remercie infiniment,
Mes chers amis, Mesdames et Messieurs,
Nous voilà en ce jour réunis dans mon village natal à l’occasion d’une cérémonie bien particulière, honorifique qui m’est dédiée et qui m’honore. Qu’il me soit autorisé de pouvoir m’expliquer devant vous par la lecture d’un texte préalablement rédigé, doutant que je serai certainement empreint d’émotion, ce qui deviendrait forcément un obstacle a une expression orale spontanée. Cette distinction de la République, La médaille de Chevalier de l’Ordre National du Mérite, m’a été attribuée sur une proposition de M. Christophe CASTANER, Ancien Maire de Forcalquier, devenu Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre et qui a proposé à Mme Françoise NYSSEN, Ministre de la Culture, agissant au nom du Président de la République, de me décernée cette haute distinction. L’arrêté du décret du Président Emmanuel MACRON remonte au 18 novembre 2017 et est paru au journal officiel de la République Française du 21 novembre 2017. Cette distinction m’apparait comme devant être en rapport avec les missions publiques dont j’ai fait l’objet au cours de ma vie active passée. Tous ces engagements, je n’en ai cherché aucun. Ils m’ont tous été proposés à tour de rôle, émanant de personnalités diverses qui ont cru en moi et accordés spontanément leur entière confiance pour mener à bien des projets bien déterminés et variés. Si cette distinction est une raison prépondérante du bon accomplissement de ce travail, je ne peux être que doublement récompensé. Ces engagements que j’ai délibérément acceptés, sans aucune pression extérieure, je les ai accomplis avec ma seule volonté et capacité intellectuelle et morale, et leur réalisation a été pour moi, la source d’une très grande satisfaction, toutes passionnantes et enrichissantes sans avoir pensé, au préalable, à ce qu’elles pourraient être à terme la source d’une quelconque reconnaissance officielle. Cette idée là, ne m’a jamais effleuré l’esprit, ce qui me vaut de fait une certaine surprise et un certain orgueil. Je ne puis accepter aujourd’hui un tel honneur, cette médaille de l’Ordre National du Mérite de mon pays, sans y associer largement mon épouse Gilberte, étant persuadé que sans elle je n’aurais pu accomplir l’ensemble de ces actions. Elle a toujours été présente à mes cotés, me prodiguant constamment ses conseils, son soutien et ses encouragements mais aussi faire valoir ses satisfactions. Tout cela ne peut-être que source d’une encourageante émulation. Egalement je ne peux passer sous silence le soutient constant de mes enfants et petits enfants qui ont toujours été à mes cotés et que je remercie à cette occasion. J’associe aussi tout particulièrement celle qui a été à la base de cette distinction honorifique, Madame Chantal NERVI, titulaire de l’Ordre National du Mérite et Chevalier de la Légion d’Honneur, chef d’une entreprise de travaux publics de renommée nationale, ex-adjointe du maire de Manosque, Présidente du Comité d’Honneur pour les départements des Hautes-Alpes et Alpes de Haute-Provence. Je suis bien entendu très touché et honoré de l’attribution de cette haute distinction et certainement encore d’avantage du fait que celle-ci m’a été proposée par le Président de la République en personne. Pour connaître les différentes phases de mon parcours ancien, il faut remonter à l’année 1965. L’une de mes premières réalisations émane de mon voisin et camarade d’école, René BARRAS qui avait envisagé de se présenter aux élections municipales du Castellet pour en devenir le Maire. J’ai aussitôt accepté de le suivre et nous avons été élus, me faisant l’un de ses adjoints. Je m’y suis trouvé bien à l’aise puisque j’ai demeuré durant 7 mandats électifs consécutifs soit 42 ans. La population m’a toujours investi à une très large majorité, signe d’une très grande reconnaissance populaire à mon égard. En récompense, j’ai reçu en 2002 la Médaille d’Or des Elus Régionaux, Départementaux et Communaux. Je laisse à mon fils et à mes petits enfants, le soin de vous relater mon histoire passée.

Olivier Laurent
Je voudrais, Papa, faire l’inventaire de tes diverses implications qui ont débutées en 1953 à l’époque où tu n’étais encore qu’un étudiant en architecture à l’école des Baux Arts d’Aix-en-Provence. Ayant comme professeur Fernand POUILLON, tu as contribué à réaliser son idée qu’il avait en tête depuis plusieurs années, faire les relevés de tous les bâtiments et monuments anciens et classés ornant les rues et places de la cité du Roy René. Avec une poignée de camarades, vous en avez faits des relevés avec les instruments de l’époque, le double mètre et le décamètre, et dont la précision les rendait parfois périlleux.Vous en avez réalisés des planches dessinées, pour en faire un grand album appelé « Ordonnances ». C’est le premier de toute une série d’albums d’architecture qui fut suivi par les Abbayes Cisterciennes de Provence en 1967, des Baux-de-Provence en 1970 et de l’Abbaye de Cottignac en 1978. En 1955, Fernand POUILLON te confie la réalisation à Aix en Provence, d’une cité HLM communale : 200 logements à réaliser en 200 jours. Programme achevé dans les délais prescrits, ce qui te permet de mettre en évidence toutes tes qualités de coordinateur de directeur de travaux. Il n’en fallait pas plus pour que PUOILLON t’envoie sur la lancée à Alger, en Algérie, pour y édifier les cités européennes et musulmanes de Diar-el-Macoul comportant 3500 logements à construire en 350 jours. Pour pouvoir y parvenir il a fallut innover, travailler jour et nuit sans discontinue, faire les trois huit. Le chantier a été terminé comme prévu, dans les délais. POUILLON a été ravi de cette prouesse et sur la lancée, t’a demandé de partir en Iran, la patrie du Schah de Perse pour y réaliser un énorme chantier d’ampleur nationale couvrant tous le territoire iranien pour y construire des gares, des casernes, des mosquées, des écoles coraniques, des monuments commémoratifs, etc. Tu accueilles cette décision du « Patron » sans enthousiasme, aussi, lorsque tu apprends que POUILLON a du quitter précipitamment l’Iran à cause d’une maladresse qui lui est, à lui seul imputable, tu t’en trouve ravi. Le passeport peut être mis à la poubelle ! A cause de cette disponibilité, il te charge de la reconstruction du Vieux Port de Marseille que les allemands avaient dynamité durant l’occupation. Chantier important dont POUILLON en était l’architecte en chef. C’est toi qui le suppléas et assura les réunions de coordination hebdomadaires avec les autres architectes de la cité phocéenne qui avaient eux aussi des zones à reconstruire. Ce chantier te donnera l’occasion d’accomplir ce qui apparaitra comme étant une prouesse technologique jamais réalisé auparavant. De déplacer d’un seul bloc une maison ancienne et classée monument historique que l’on ne pouvait démonter pierre par pierre. Il a fallu la déplacer sur plus de 200 mètres en une seule fois, sur rails et rouleaux. Cette opération a été un succès à mettre à ton actif et largement commenté par la presse. Ensuite, POUILLON te confie la réhabilitation du quartier de la Balance en Avignon, en partie démolie par les raids des avions de bombardement lors de la libération du pays au même titre que celui du vieux port de Bastia en Corse, que POUILLON te demande de reconstruire et que tu mèneras à bien après de nombreux va et viens entre l’Ile de Beauté et le continent. POUILLON décide de transférer toute son agence de Marseille dans la région parisienne. Tu ne peux le suivre et t’établi en tant qu’architecte à Aix avec un de tes copains Yves CORDOLIANI qui deviendra par la suite ton associé. C’est à vous deux que POUILLON demande de lui succéder dans la réalisation du programme de construction de logement HLM de la Croix des Oiseaux qu’il ne peut plus poursuivre, avec l’accord du Maire d’Avignon. J’aimerais maintenant aborder les volets scientifique et littéraire qui sont également importants. En ta qualité de membre du Conseil scientifique du Parc National du Mercantour, tu te vois confier la mission de repeuplement du Bouquetin dans les Alpes du Sud. Tu t’acquittes de cette tâche de main de maître par le transport en hélicoptère de ces grands animaux entre le parc italien de Valdieri et les montagnes de Barcelonette. Cette opération à parfaitement réussi. Les bouquetins ont depuis proliférés pour le plus grand plaisirs des promeneurs. Le coté littéraire ne peut être passé sous silence avec l’écriture de nombreux livres historiques que tu as publiés. Parmi ceux-ci, l’on note celui intitulé « Controverses autour de la création d’un Parc National » en 1976, suivi du « parc national du Mercantour » sur les Alpes de Hautes Provence en 1978 écrit dans le cadre de ta thèse de Doctorat en droit d’Urbanisme et d’aménagement de l’espace. A la remise de ton manuscrit à ton professeur, Directeur de recherche, tu l’effraies par son volume, 1500 pages ! Il te demande de le réduire. L’exemplaire définitif ne comportera plus que 600 pages. Il est consultable dans toutes les bibliothèques universitaires de France. Il sera suivi par de très nombreux autres, une bonne dizaine dont certains en petite édition, tandis que d’autres le seront par l’association « Castellum » dont tu en as été le fondateur et ensuite le Président d’Honneur. Voilà Papa une belle carrière professionnelle bien rempli. Je laisse la parole à tes petits enfants qui vont compléter mon récit.

Marine Laurent
Pendant la dernière guerre, Papy, tu as accompli tes premières prestations militaires dans la Résistance parmi les soldats de l’ombre de 1944. Tu étais l’un des plus jeunes FFI âgé de 16 ans, ayant pour mission la surveillance du territoire, le renseignement et le ravitaillement des maquis dans les rangs de l’armée secrète du secteur 3 d’Oraison, où à ce titre tu reçois la médaille de bronze de la ville.

Guillaume Laurent
La paix et la République retrouvé, tu t’engages sans limite dans la création d’un sixième Parc National, celui du Mercantour, où devant ton enthousiasme, on te propose d’entrer dans son Conseil d’Administration pour en faire sa gestion. Tu deviens le représentant unique pour les Basses-Alpes et les Alpes Maritimes. En reconnaissance, on te délivre la médaille de bronze en 1985 et la médaille d’argent délivré par la société centrale Canine de Paris pour le motif de « services rendus à la Cynophilie Française ».

Maxime Laurent
Ensuite, on t’a proposé une mission au sein de la Fédération Départementale des chasseurs des Basses-Alpes où tu deviens le vice Président durant 32 ans dont 10 années de Président Adjoint. En reconnaissance tu reçois la médaille de bronze de l’Office National de la chasse en 1985 et 10 ans après, la médaille d’argent.

Chloé Laurent
Puis tu adhères spontanément et très volontiers, en 1980, à une demande émanent de l’ensemble des chasseurs et de leur association (ACCCT). Tu es nommé par la société centrale de Paris, Contrôleur National de l’élevage Canin, où tu dois sillonner de nombreuses routes de la région PACA pour accéder sur les lieux où se situent les élevages canins à des fins de contrôle. Poste important, à responsabilité nationale que tu fais avec bonheur. Après avoir réussi les examens, tu deviens juge d’exposition et d’épreuves de chasse, puis suivi de juge formateur pour la formation des jeunes juges de la Société Centrale Canine.

André Laurent
Je reprends la parole, mes chers amis, pour vous remercier de votre présence à cette cérémonie en ce jour d’allégresse et de m’entourer avec autant de chaleur le jour de ma décoration. Sachez que j’en garderai un merveilleux souvenir jusqu’à la fin de ma vie.