Le Castellet

Cérémonie du 11-Novembre

Comme chaque 11 novembre le maire Henri Garcia avait donné rendez-vous à la population du Castellet devant le monument aux morts pour la cérémonie de mémoire et d'hommage aux soldats Morts pour la France. Les plus jeunes précédant les plus anciens (parmi lesquels les représentants de l'État et des corps constitués ainsi que de nombreux anciens combattants), le cortège s'est rendu de la mairie au monument.
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Invitant les enfants à l'accompagner, Henri Garcia a déposé la gerbe de la commune et s'est recueilli devant les noms gravés.

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Marcel Avargues, président de l'Amicale des Anciens Combattants victimes de guerre, est entré à son tour…

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… en compagnie du responsable des JSP pour déposer sa gerbe et se recueillir lui aussi.

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Puis Marcel Avargues a lu le discours du président de la République.

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Et Henri Garcia a poursuivi avec son propre discours (à lire en bas de page).

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La population fut alors conviée à observer une minute de silence pendant laquelle les drapeaux se sont inclinés.

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Enfin, au moment où les cloches du village se sont mises à sonner à toute volée, les enfants se sont réunis pour la photo souvenir.

Discours du maire Henri Garcia

Monsieur le Président des Anciens Combattants,

Messieurs les porte-drapeau,

Mesdames et messieurs,

Mes chers compatriotes,
Au delà de l'hommage que nous voulons rendre à tous les soldats morts pour la France en nous rassemblant devant ce monument, nous avons coutume, ici, dans notre village, de rappeler le nom des Castellians ; je vous remercie de répondre par '' mort pour la France '' à l’appel de leur nom, et considérant la loi du 13 juillet 2018, j'ajouterai à cette liste les noms des soldats morts pour la France pendant les douze mois précédant cette journée.

BRUN LEON

BARLATIER JOSEPH

RICHAUD EUGENE

ARMAND GABRIEL

MAILLET LEON

SAUVAN PAUL

BLANC ELIE

PERNOT HENRI

FABIUS CHARLES

MENC EUGENE

REYNIER MARIUS

- Adjudant EMILIEN MOUGIN, 1er régiment des Spahis, mort au Mali, le 21février 2018
- Maréchal des Logis THIMOTÉ DERNONCOURT, 1er régiment des Spahis, mort au Mali, le 21février 2018
- Caporal BOGUSZ POCHYLSKI, 2e régiment d'infanterie, mort en Irak, le 21mars 2018.

Il est difficile, en se promenant dans une ville ou dans un village, de ne pas se retrouver, au détour d'une rue ou en arrivant sur une place, face au monument aux morts. Et plus difficile de ne pas lire, en passant, le nom d'un de ceux qui y figurent, parce que l'on est un homme et que la disparition d'un innocent ne peut que choquer. C'est le petit hommage personnel et inconscient à un parfait inconnu, dont il ne reste rien à part un prénom et un nom gravés dans la pierre ou dans le marbre.
Un inconnu, c'est sûr, mais qui est peut-être le grand-père du passant que l'on vient de croiser, car la guerre de 14 n'est pas seulement un drame de l'histoire, mais aussi et surtout une tragédie familiale, vécue partout dans une France tendue vers les buts universels de chaque guerre : résister, tenir, avancer, regagner le terrain perdu la veille, mourir pour un mètre de sol dévasté.

Tragédie familiale car, si on parle toujours d'anciens combattants, il faut se souvenir que ces hommes étaient tous de jeunes hommes, dans la force de l'âge. Des hommes qui avaient un père, une mère, des frères des sœurs, une fiancée, une épouse, peut-être des enfants. Et après le 11novembre 1918, le père et la mère se sont retrouvés sans leur fils, la fiancée est devenue une veuve blanche, l'épouse s'est retrouvée veuve avec peut-être des enfants à charge. Et si le soldat était revenu... avec quelles blessures était-il revenu : défiguré, estropié, amputé, handicapé à vie. Et je ne parle pas des blessures morales : comment vivre normalement après avoir vu ses compagnons fauchés par la mitraille? Comment vivre normalement après avoir vécu sous des bombardements intenses pendant des jours, pendant des nuits? Comment simplement dormir normalement quand pendant des heures on a tenu dans ses bras un copain en train d'agoniser sans qu'on puisse lui venir en aide?

Il faut se souvenir de cette guerre, il faut se souvenir de ces soldats morts pour des valeurs que nous devons défendre et qui sont écrites sur le fronton de nos mairies : la liberté, l'égalité, la fraternité en dehors de tout critère de couleur de peau, de politique ou de religion.

Il faut aussi, quel que soit notre âge, respecter le jour qu'est le 11 novembre, et de se faire un devoir annuel de transmettre aux plus jeunes sa signification...

Le 11-Novembre, au-delà des noms que j'ai cités au début de mon discours, c'est le jour où nous rendons hommage à ceux qui, consciemment ou parfois malgré eux, se sont battus pour que nous puissions vivre libre.

Aussi en hommage à cette histoire, à ce passé, à ces hommes je vous demande d’observer une minute de silence.